Ma route vers l'Inde...
Nous y voila ! Plus que quelques jours avant que mon aventure indienne ne commence… Pour ceux qui ne sont pas up-to-date, je pars en Inde du sud dans le département du Tamil Nadu pendant 6 mois dans le cadre d’un stage d’échange internationale nord-sud. J’ai créé ce blog pour que ma famille, mes amis et tous ceux qui le voudraient puissent suivre mes pas dans cette belle aventure qui m’attends. Ouvrez votre esprit et laisser vous guider…


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Ma semaine au Bangladesh

Cher lecteurs,
Tout juste rentrée de mon voyage au Bangladesh, je ne peux m’empêcher de vous en faire le récit au plus vite. J’ai décollé le 18 février de Chennai (Tamil nadu - Inde) pour arriver 24h plus tard à Dhaka (Bangladesh), à l’occasion d’une conférence sur la santé et la protection sociale en Asie. En faite je ne savais rien de ce qui m’attendais jusqu’au vendredi précèdent mon départ. C’est bien les Indiens ça ! Vous mettre au courant 2 jours avant le départ et finalement partir du principe que c’est assez pour préparer une présentation d’ici la conférence.
Malgré cela j’étais toute excitée de partir de ce cocon isolé dans lequel je demeurerais depuis déjà 4 mois. L’équipe d’AREDS m’a même offert un shale pour me remercier de les représenter pendant cette semaine au Bangladesh et pour me souhaiter bonne route. Je fus accompagnée de Gaurie et Senthil, deux collègues Indiens qui travaillent pour l’organisation. Le voyage fut long, mais culinairement intéressant ! C’était pour moi une nouvelle occasion de déguster pleins de bonnes choses, pas forcément nutritives mais quand même délicieuses…
On nous avait prévenus qu’il ferait plus frais à Dhaka qu’en Inde, donc j’avais anticipé avec un pull et un drap pour me tenir chaud. Sauf que je ne m’attendais pas à en avoir besoin uniquement dans l’aéroport tellement il faisait froid. Je ne sais pas d’où vient cette manie de mettre l’air conditionné alors qu’il ne fait pas chaud au point d’en avoir besoin. Du coup je gèle, alors que dehors il fait 30 degrés ! Je me suis fait plaisir dans le ‘duty free’ avec du bon chocolat aux noisettes… la gourmande qui est en moi se serait elle réveillée ? Dans l’avion nous avons même reçu un sandwich au thon et je vous garanti qu’après 4 mois de cuisine indienne, ce petit bout de pain vous parait exceptionnel.
Une fois arrivée à Dhaka, il fallut évidement que je galère avec mon visa ! Un groupe de coréens m’avais subtilement dépassé, avec comme résultat presque une heure d’attente avant de pouvoir sortir de l’aéroport. Nous avons traversé la ville en minibus, accompagnés de plusieurs Indiens appartenant à diverses ONG Indiennes. Je ne peux pas dire que je fus dépaysée. Le paysage Bengali est quasi identique à celui en Inde : l’odeur insupportable en ville, le trafic dense, les bâtiments délabrés, les déchets en abondance le long de la route. Par contre les rickshaw motorisés en Inde sont remplacés ici par des tricycles pousse-pousse, décorés à la façon kitch-asiatique. À mon grand étonnement, les vaches sont quasi absentes du décor Bengali. Cela aurait il un rapport avec le fait que 86% de population au Bangladesh est musulmane et non Hindou (comme c’est le cas en Inde)…
Dès notre arrivée nous avons été accueillis par Jef (représentant de l’ONG Belge WSM – World solidarity movement), et avons partagés un bon repas avec les partenaires de WSM venant de différents pays tel que le Bangladesh, L’Indonésie, le Népal, les Philippines et l’Inde. La conférence pris place dans les locaux de GK – Gonoshasthaya Kendra, ONG qui c’est donnée pour mission de rendre les services de santé accessible a tous (surtout aux plus démunis et aux pauvres) au Bangladesh. Tout a commencé avec la mise à disposition de services primaires (dispensaires de soins basics) et préventifs (camps médicaux, campagnes d’immunisation,…) dans les régions/villages les plus isolés, où l’accès aux soins était quasi inexistant. GK a évolué vers un système multisectoriel (actif dans plusieurs secteurs), partant du principe qu’améliorer l’accès aux soins ne suffit pas à améliorer la condition de vie des pauvres et des destitués (ex. veuves). De là est parti l’idée de créer différents programmes dans plusieurs secteurs tel que l’éducation (école primaire, université et formation de paramédicaux), formations vocationnelles (formations d’accoucheuses traditionnelles), nutrition (production de suppléments ultra protéinés à base de soja pour combattre la malnutrition chez l’enfant), services de microcrédits (femmes) et propre production pharmaceutique (diminuer le coup de médicaments et les rendre plus accessibles aux pauvres).
Comme vous pouvez le constater GK n’est pas une petite ONG, mais une grande organisation qui est active sur tout le Bangadesh depuis 40 ans déjà. Leur vision est semblable à celle d’AREDS (ONG où je fais mon stage), mais les résultats et leur manière d’approche est de loin comparable. Au Bangladesh plus de 80% des accouchements se font encore dans le foyer familial. Ce sont non les docteurs, mais les TBA – Traditional Birth Attendant (sage-femme traditionnelle) qui assistent aux accouchements. Celles-ci font partie des membres respectés de la communauté et disposent d’un savoir basé sur l’ancienne médecine indigène. C’est pour cette raison que GK fait travailler ces paramédicaux et médecins en collaboration avec ces sages-femmes traditionnelles. Elles reçoivent également des formations (5-7j par an) pour améliorer leurs connaissances et de ce fait réduire la mortalité maternelle et infantile. J’aurais bien aimé travailler dans ce contexte, au vu que les accouchements à domicile ne sont plus un phénomène courant dans notre société occidentale.
 J’ai directement repéré deux étudiants francophones dans le groupe et me suis dit que ce serait une bonne occasion de partager notre expérience en tant qu’expatriés. L’un des d’eux, Maxime (d’origine Belge – hé un compatriote !) est arrivé il y a 4 mois en tant que volontaire. Étant bachelier en science politique, il organise des séminaires dans le campus, écrit des rapports sur le fonctionnement de l’ONG, tient une banque de données sur celle-ci et participe à divers programmes au sein de GK (ex. Camps médicaux). L’autre étudiant, nommé Jérémy (d’origine Française – un voisin :p), est vennu au Bangladesh dans le cadre d’une évaluation de différents programmes GK avec le comité Français (support financier de GK). Ayant une formation de photographe, c’est lui qui prit les plus beaux clichés de cette semaine. À trois nous avons fait de cette semaine un moment de partage de nos plus belles et dures expériences en tant qu’expatriés.
Après cette longue introduction, je vais vous raconter les moments forts de cette semaine. Ma première journée fut marquée par le dernier jour de festivité des 40 ans d’anniversaires de GK. En effet nous étions arrivés au beau milieu de cet événement qui attira une foule monstre depuis 2 jours. La journée débuta avec un défilé (version militaire), des enfants appartenant à l’école primaire de GK. L’ex première ministre du Bangladesh arriva en grande pompe (accompagné d’une équipe de sécurité munis de mitraillettes) et déchaina la foule. Tout le monde voulait prendre l’icone en photo. Avec sa robe de mariée et son visage ultra blanc (naturel ou maquillage ?), on aurait dit la reine Elisabeth. Elle fait partie des célébrités les plus corrompues du pays mais les gens la vénèrent tel une déesse.
Une apparition fut organisée avec quelques discours barbants, de plus en Bengali donc on n’y comprenait rien. Une partie de la foule fut retenue à l’entrée du bâtiment, faute de place. Grâce à notre statut d’étranger nous avons pu nous glisser à l’intérieur, mais non sans conséquences. Serrés comme des sardines et poussés en avant par la foule, un type en a profité pour subtiliser le portefeuille de Maxime. Heureusement rien d’important ne s’y trouvait, sinon quelques Dhaka (monnaie Bengali). Pour ma part l’expérience fut un peu plus désagréable. Au moment où les portent de la salle furent finalement ouvertes au public, le mouvement de foule ne pu être contenu et tout le monde se rua à l’intérieur. Un homme en profita pour me tâter le sein ! Pas de chance pour lui, je n’étais pas de bonne humeur et lui ai distribué quelques claques bien méritées.
Les hommes au Bangladesh ne semblent pas être ‘tactiles’ qu’avec les femmes, si j’en crois l’expérience de mes deux amis étudiants. Se faire mettre la main aux fesses, caresser sur le visage, distribution de câlins intempestifs… font plutôt la règle que l’exception ici. Heureusement cela n’a aucune connotation amoureuse, mais bien celle d’une sincère amitié (enfin en principe). Dur dur quand même pour nous qui n’arrivons pas à s’identifier à se genre de pratiques culturelles.
J’ai encore une fois eu droit à des milliers de questions et du poser devant des centaines d’appareils photos ces derniers jours. Moi qui pensais y échapper, bein c’est raté encore une fois. C’est fous le nombre de gens qui vous prennent en photo sans même vous demander votre nom où carrément votre avis :p C’est une étape à passer, pour autant que vous ayez la patience de vous y soumettre. Pour ma part il y a toujours un moment où cela devient de trop et où je m’éclipse pour ne plus devoir subir cette attention excessive.
Le 21 février nous avons participé à la journée internationale de la langue maternelle (originaire du Bangladesh). Chaque année un immense rallye (marche) est organisé dans la Capitale (Dhaka) depuis 1952. Cette journée a une signification particulière pour les Bengali, qui se sont battus pour défendre leur langue et dont certains y ont perdu la vie. Pour la petite histoire : le gouvernement Pakistanais déclara en 1948 que l’Urdu serait la seule langue officielle autant pour l’ouest que l’est (cfr. Bangladesh) du Pakistan, alors que seulement 7% de la population parlait cette langue dans la région. La population de l’Est, ayant pour langue maternelle le Bengali, ne l’entendait pas ainsi et protesta contre cette mesure. Suite à un mouvement de grève auquel participèrent les étudiants de l’université de Dhaka, plusieurs d’entre eux furent tués par la police pakistanaise. Le ‘’monument des martyrs’’ a été érigé en commémoration de ceux qui ont donné leur vie pour la défense du Bengali le 21 février 1952.
 Pour assister à cet évènement, nous avons démarré à 5h du matin pour ne pas se retrouver dans les bouchons. Personne n’avait l’air très frais, mais le petit déjeuner distribué dans le bus nous a donné du courage pour participer à cette journée exceptionnelle. Une fois arrivé dans la capitale nous avons formé un groupe, avec en tête notre cher Jef muni du drapeau WSM. Pendant le rallye nous faisions connaissance avec ceux qui marchaient à nos cotés, prîmes des photos de la foule (et vis versa), séance de peinture sur le visage,… jusqu’à ce que plus un bruit sinon celui d’une horde d’animaux nous chargeant me parvient. J’ai tout juste eu le temps de tourner la tête pour me rendre compte d’où venait ce bruit inquiétant. Des milliers de personnes, faisant partie de la marche, nous fonçaient dessus pour je ne sais quelle raison… notre premier reflexe fut de courir pour se mettre à l’abri. Les banderoles se déchirèrent, les couronnes de fleurs volèrent en morceaux, les gens se mirent à crier, furent piétinés et la panique gagna les rues de Dhaka.
Je n’eus le temps de me rendre compte de ce qui se passait, que les deux étudiants m’emmenèrent sur le bas coté de la chaussée pour éviter de se faire piétiner par la foule. Nous fûmes emportés par le mouvement de panique et n’avions pas d’autre choix que de courir. Les gens ne savaient plus où aller et grimpèrent même les murs pour se mettre en sécurité. Nous nous sommes accrochés à un poteau pour ne plus se faire embarquer, et mettre fin à ce mouvement de panique générale. Est-ce qu’un type n’en profite pas à nouveau pour me ploter les seins ? Si si, je vous assure, même dans ce genre de situation ils arrivent encore à avoir des idées perverses ici ! Après quelques minutes les gens arrêtèrent de courir et l’on constata l’ampleur des dégâts. La plupart sous le choc, certains blessés et en larmes. Nous nous mîmes à la recherche de notre groupe, ce qui ne fut pas difficile grâce à notre drapeau WSM qu’un des membres avait défendu malgré ce qui venait de se passer.
Apparemment tout aurait commencé à cause d’une dispute entre le parti au pouvoir et celui de l’opposition qui marchaient en tête du cortège. Suite à une altercation, les gens se sont mit à courir à contresens de la procession. Plus de peur que de mal. Heureusement, personne ne fut blessé dans notre groupe. Considérant qu’il était imprudent de continuer la marche dans ces conditions, nous décidâmes de s’en tenir là et de rentrer à GK. Cette journée débuta par une marche pour la paix et s’acheva par une course pour la vie…
L’après-midi du même jour, nous avons visité un des dispensaires de GK dans un village retiré. Les conditions d’hygiène laissaient à désirer (poussière partout, matériel non-stérile, salle d’accouchement précaire) et les explications données par notre guide étaient limités sur le sujet. J’ai réussi à mettre ce dernier mal à l’aise avec mes questions sur la préférence pour certaines méthodes de contraceptions (préservatif vs. pilule). Oups, il ne devait pas être au courant qu’une sage-femme était dans le groupe. Malgré le fait qu’ils travaillent dans une ONG qui pourvoit des campagnes d’informations et de préventions, certains tabous (comme le sexe et le choix de contraception) ne s’emblent pas encore être rompus dans la société.
Petit délire avec les Philippins lors de la pause snack. Nous proposons un ‘puri’ (galette frit) à l’un d’entre eux, mais celui-ci avait mal interprété notre offre. En effet, ‘puri’ aux Philippines veux dire vagin. Je vous raconte pas le fous rire à table !
J’ai passé 3 journées de conférences intensives (9h-18h), avec comme thème la protection sociale en Asie. Chaque jour fut marqué de plusieurs débats et discussions entre partenaires venant de différentes ONG. Seule bémol, la plupart du temps il m’était impossible de comprendre ce qu’il se disait à cause du niveau médiocre en Anglais des participants. C’est tout juste s’ils se comprenaient entre eux :p Je plains quand même le pauvre Jef qui jouait le médiateur et du résumer chaque session. On voyait à sa tête qu’il y prenait plaisir. Au bout du compte la conférence portait plus sur ce que chaque ONG fait sur le terrain, au lieu de se concentrer sur leur rôle dans la protection sociale. Chaque organisation joue un rôle important dans cet aspect, mais ne se rend pas forcément compte à quel point. Ces trois jours les ont aidé à situer leur engagement dans la protection sociale pour mieux évaluer leur impact sur la société.
Le troisième jour nous avons eu droit à une ‘soirée de solidarité’, qui consistait en plusieurs danses et chants typiquement Bengali. Notre représentant Belge (Jef) nous à même chanté une petite ballade flamande pour l’occasion. Quel spectacle ! Les Bengali en ont eu pleins les yeux (ou devrais-je dire les oreilles…). Au final, tout le monde prit d’assaut le podium pour une danse endiablée venant droit du Bangladesh (photos censurées !). Ambiance de fou ce soir là!!!
Le dernier jour, notre cher coordinateur local nous avait laissé un petit communiqué nous faisant part des problèmes d’estomac survenant chez certains participants. Sur ce, Jef demanda à l’assemblée que ceux étant sujet aux problèmes lèvent la main… Et c’est le groupe dans sa totalité qui semble être touché. Je vous laisse imaginer la scène. Ils ont mobilisé 3 médecins et pas mal de médicaments pour traiter au plus vite le problème (avant que tout le monde ai la diarrhée dans l’avion).
Départ le samedi après avoir reçu ‘la Tasse’ des 40 ans de GK. On voit bien que nous sommes que des partenaires, les donateurs eux ont reçu toute la vaisselle (tasses, sous-tasses, assiettes,…) en cadeau. J’ai passé une semaine géniale ! Pas vraiment grâce au contenu de la conférence, mais plutôt grâce à l’échange intéressant entre pays et à mes deux compagnons étudiants (Maxime et Jérémy), sans qui cette semaine n’aurait pas été aussi mémorable.
Bisous!


Publié à 13:16, le 29/02/2012, Bangladesh
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