Ma route vers l'Inde...
Nous y voila ! Plus que quelques jours avant que mon aventure indienne ne commence… Pour ceux qui ne sont pas up-to-date, je pars en Inde du sud dans le département du Tamil Nadu pendant 6 mois dans le cadre d’un stage d’échange internationale nord-sud. J’ai créé ce blog pour que ma famille, mes amis et tous ceux qui le voudraient puissent suivre mes pas dans cette belle aventure qui m’attends. Ouvrez votre esprit et laisser vous guider…


Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Mes amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Mots clés

Rubriques


Sites favoris


J-7 - sur la route

Coucou !
Ceci est probablement le dernier récit avant mon départ pour la Belgique. En effet dans exactement une semaine je serais à nouveau parmi vous =) La valise est prête… à exploser ! On a décidé, avec mes deux collègues, de faire enregistrer une valise en plus à l’aéroport :p Eh oui c’est ce qui arrive quand on veux ramener des cadeaux pour tout le monde… ok ça va, pour moi aussi évidemment.
On peut dire que j’ai bien profité de ces dernières semaines. Tout d’abord nous avons été invités à un mariage Indien. Les filles avaient enfilés leurs plus beau sarees. La marié était décoré tel un arbre de noël, mais faut dire que je la trouvais très belle ainsi. On aurait dit une princesse tout droit sorti d’un film au temps des maharadjas. Beaucoup de préparation avant la cérémonie : maquillage, enfiler le saree de mariage, bijoux qui couvrent chaque surface de la peau, séance photo,… après quoi la cérémonie du mariage prends enfin place. Les futurs mariés doivent accomplir divers rituels, certains séparément et d’autres ensemble. Et tout ça au rythme des tambours… très entrainant. Mais les mariés ne semblent pas être épanouis. Pas un sourire ne s’échange entre les deux tourtereaux et un bisous encore moins ! Une fois les rituels effectués, voici qu’une longue série de photos clôturent l’événement. On a enchainé avec un bon diné (à 10h du matin :p) ! Faut dire que la moitié des invités étaient déjà entrain d’entamer leur repas alors que les rituels n’étaient pas encore terminés. La politesse indienne ! Mais ici ce n’est pas considéré comme impoli apparemment. On doit avoir de différèrent principes, c’est tout.
Comme prévu, nous avons fait une escale par Mahaballipuram (Tamil nadu) pour voir une dernière fois le Golfe du Bengale. Départ non sans imprévus. Nous avions achetés des tickets de train à l’avance mais étant sur la liste d’attente nous n’étions pas sur de pouvoir monter à bord. Et effectivement, une fois arrivés sur place on nous annonce que nos tickets ne sont pas réservés. La cata au vu que c’était notre dernière possibilité de s’y rendre avant le départ pour la Belgique. On est quand même monté à bord en espérant que le conducteur nous trouverait des places (annulations, personnes qui auraient raté le train, etc…). Pas de chances, on c’est retrouvé face à un mal luné qui refusa de nous aider. Deux options s’offraient à nous : la première se rendre dans le convoi général et passer la nuit assis et ne pas savoir dormir, la deuxième était de descendre au prochain arrêt et prendre un bus. Au vu du monde dans le convoi général, le choix fut vite fait.
Nous prirent donc le bus, ce qui fait une bonne nuit de route. À 300 roupie (4,5€) nous n’allions pas nous plaindre. Notre weekend fut génial. Chambre avec vue sur mer et pratiquement pas de touristes, que demander de plus. Nous avons visités divers temples hindous, des pavillons, la plage… et même une réserve de crocodiles. J’y ai vu le plus grand crocodile d’Asie du sud…Un monstre de 7 mètres avec des mâchoires acérés. Bref, pas le genre d’animal qu’on voudrait avoir dans son salon. Mais cette ville est surtout connue pour ces sculpteurs de pierres. Impossible de passer à coté, leurs ateliers sont parsemés dans toute la ville. Je trouve se travail magnifique et surtout très minutieux. Je n’ai pu m’empêcher d’acheter quelques statues représentants divers dieux hindous, mais jamais sans négocier. Je suis dure en affaire et les Indiens ne semblent pas y être habitués. Au final j’ai quand même ce que je veux, c’est le plus important ! Seul bémol, pas de bar où terminer la soirée après un bon repas (fermeture à 23h grand max). Pour cela je vais devoir attendre d’être de retour en Belgique je pense (papou, met toi déjà en condition !).
La valise est faite, la chambre est rangé et nettoyé,… plus qu’à faire nos adieux à ceux avec qui nous avons partagés ces six mois. Je quitte l’association ce vendredi, mais pas pour rentrer directement. Tijana, Bart et moi-même avons organisés un dernier trip avant le retour. Eh oui je sais, encore un. À m’entendre on ne fait que voyager ! Nous nous rendons quelques jours dans les montagnes du Tamil nadu pour rendre une dernière visite à un ami. Ensuite nous comptons visiter Mysore et son palais mythique, pour terminer à Bangalore où nous prendrons enfin notre envole le 25 avril 2012 ! Genre de rentrer en douceur =)
À dans une semaine !!!
Bisous


Lien

Publié à 15:23, le 18/04/2012,
Mots clefs :

Le départ approche...

Le décompte commence !
Salut,
Eh oui je suis bientôt de retour, et comme vous pouvez le constater ce n’est pas pour me déplaire. Je suis contente que cette longue période touche à ça fin !
Les dernières semaines furent assez mouvementées au sein de l’ONG. Les étudiants et moi-même avons participés à la journée annuelle de la ‘playway school’ (école primaire d’AREDS). Ceci est un genre de fête de fin d’année comme cela se fait chez nous. Lana (une des étudiantes Belge) avait même préparée une pièce de théâtre en Anglais, joué par les enfants de l’école. Les profs nous avaient proposés d’acheter toutes le même Saree pour êtres assortis. La fête était composée de diverses danses sur les rythmes endiablés de l’Inde. Un vrai bonheur pour les yeux et les oreilles !
Deux jours plus tard fut organisée la compétition de sport pour les enfants du district. Pour bien débuter la journée je me suis donnée pour mission de donner l’exemple :p Jogging d’une heure, pris mon vélo pour me rendre sur le lieu où se tenait l’évènement et j’ai évidemment participés au jeux organisés… sous un soleil de plomb à 40 °C !!! vive les coups de soleils… Faut dire qu’on c’est pas mal dépensé cette journée là, au plaisir des enfants bien sure… Notre programme : Chaise musicale, course-sprint, remplissages de bouteilles d’eaux à l’aide des mains, attrape-chips, tire-corde, etc. Ce ne fut pas de tout repos ! L’après-midi fut consacrée au concours de danse et de chant. Le plus étonnant c’est que les garçons dansent mieux que les filles ici. Ils ont vraiment une manière très sensuelle de bouger, tandis que les filles restent raides comme des piquets. Les films Bollywood doivent y être pour quelque chose ! Pour ceux qui n’ont jamais eu l’occasion d’en voir un c’est peut-être le moment si vous voulez vous faire une idée. Quoique, les films Tamoul (donc du Tamil nadu) sont bien pires :p Homme et femme ne peuvent pas s’embrasser durant tout le film, mais leurs danses sont plus qu’explicites sur bien des points…
En dehors de ces deux jours de ‘détentes’, j’ai aussi un peu travaillée :p (pour ceux qui croient que je ne fous rien depuis 6 mois !). J’ai passée quelques jours à l’hôpital pour changer d’air. Je n’en pouvais à nouveau plus de rester constamment dans les locaux de l’ong ou dans ma chambre pour me pencher sur mes devoirs. Besoin de changer d’air. Ce n’est pas qu’il y a beaucoup à faire là-bas, sinon assister aux consultations. Pas très passionnant mais l’ambiance avec les infirmières est vraiment chouette. Toujours pas plus d’accouchements non plus, à dire qu’elles se retiennent toutes d’accoucher :p Pourtant je ne compte pas les mordre vous savez ! Ceci reste mon plus grand regret pour ce stage. J’aurais tant aimé travailler comme sage-femme à temps plein, mais le contexte ne s’y prête pas.
Pour compenser je travaille sur mon étude. J’ai finalisé mon questionnaire, avec beaucoup de peine et de contretemps, pour interviewer des femmes dans différents villages retirés. J’ai réussi à clôturer mes interviews en 7 jours, un temps record pour l’Inde. Faut dire qu’il n’est pas évident de s’organiser ici. Changements de planning de dernière minute, imprévus, retards, absences,… assez pour vite vous faire prendre un retard considérable. La peine que je m’étais donnée les dernières semaines pour terminer à temps, ont finalement portés leurs fruits. Cette semaine m’as permis d’aller à la rencontre des gens dans leurs chez-soi. Une hospitalité débordante à chaque visite, couronnée de beaucoup de curiosité (et de nourriture…). Quelques évènements insolites ont pimenté cette nouvelle expérience. Premièrement : devoir faire ses besoins dans une toilette fait de palissades de paille, sans évacuation n’y d’eau courante. On se pose toujours la question si c’est bien le bon endroit, sinon tu n’es pas dans la merde ! La deuxième : se faire attaquer par un gros dindon et devoir s’encourir de peur d’être mangé tout cru. La dernière mais pas la moins douloureuse… s’être tellement exposé au soleil que vous ressemblez à une écrevisse  bien cuite(ce qui n’est pas courant en Inde !). Le plus marrant ce fut quand ma peau commença à peller. Les indiens pensaient que j’avais développée une maladie de la peau, haha la galère pour leur expliquer que ce n’est rien de grave.
Plus que 3 semaines and I’m coming Home !!! D’ici là il me reste encore un mariage Indien, un weekend à la mer et beaucoup de travail pour l’école et l’ONG… alles geven !
Mettez déjà le champagne au frais, j‘arrives… 


Lien

Publié à 16:23, le 3/04/2012,
Mots clefs :

Women's day & Trichy temple trip

Chers lecteurs, mais avant tout chers lectrices !
 Joyeux 8 mars à toutes les femmes. Mais que serait le monde sans la femme d’ailleurs ? En Inde cette journée représente beaucoup pour les millions de femmes qui se battent quotidiennement afin de faire valoir leurs droits. Cette année j’ai eu chance de participer à une marche pour les droits de la femme, organisé par AREDS dans Karur même. J’en ai profité pour enfiler un saree ! Nous avons parcouru les rues de Karur côte à côte avec +- 1000 femmes toutes venant d’un seul district. Je peux vous assurer que c’est impressionnant de voir tout ce monde se mobiliser en cette journée internationale. Nous fûmes munis de drapeaux, un bandana à l’effigie de SWATE (mouvement des femmes) et nous criâmes en cœur des slogans revendiquant les droits des femmes. On fut repartis en 4 groupes où chaque duo d’étudiants devait se poster. Notre rôle fut d’immortaliser ce moment avec nos appareils photos et de participer à cette marche qui dura 2 heures sous un soleil de plomb. Tout le monde, eh oui même les indiennes, souffraient de la chaleur. Ce n’est pas dire à quel point il faisait chaud ! La marche ce déroula dans la bonne humeur et sans encombres. Faut dire que je ne me sentais pas trop à mon aise après ce qui c’était passé pendant le rallye au Bangladesh.
Pour fêter la réussite de cette journée, nous nous sommes fait inviter au resto par Samy & Christy. On a mangé un repas de roi avec différents currys, du riz à volonté, des légumes, des chappatis,… sous forme de thali (assortiment de plats servi dans de petits récipients en métal disposés sur un plateau rond). Quel régal !
Au programme de ce weekend : Temple Trip à Trichy et soirée étudiante ! Notre trip d’une journée à Trichy consista à visiter 2 temples Hindous. Le premier, temple de sri Rangham, était époustouflant par sa grandeur. Le site est implanté de plusieurs temples dédié chacun à un dieu Hindou. Des pèlerins se couchèrent un peu partout sur le site pour méditer où faire la sieste… dur de faire la différence. Certains s’étaient fait raser la tête en signe de dévotion. L’odeur des encens et des milliers de bougies répartis sur le site nous envouta tout au long de notre visite. Malheureusement la plupart des temples étaient inaccessibles pour les ‘non-Hindou’. Je comprends que ces endroits de prières et de méditations doivent êtres respectés, mais de là à vous interdire d’y entrer. De plus cela ne cible que les ‘blancs’ au vu qu’il est presque impossible de différencier un Hindou d’un Chrétien en Inde (code vestimentaire similaire avec port du Bindi pour les deux religions). Ce n’est vraiment pas juste !
Malgré cela nous avons passé un bon moment ensemble. On a eu l’occasion de contempler de nombreuses sculptures avec des connotations érotiques. Il est presque impossible d’imaginer que le peuple Indien soit aussi prude quand on voit ce genre de représentations. Nous avons fait l’erreur de vouloir aller au ‘view point’ (point de vue) du site pour pouvoir admirer les temples de plus haut. Il faisait tellement chaud que le sol en tuiles était brulant. Il nous a fallu courir sur le toit pour ne pas se bruler la plante des pieds.
La prochaine étape fut de se restaurer =) Nous nous sommes arrêtés à quelques mètres du prochain temple à visiter, et avons pris place au ‘Banana leaf’. Je n’ai jamais aussi bien mangé au restaurant en 4 mois. Je me suis fais plaisir avec un Biryani (riz épicé au cumin, clous de girofle, cardamome, cannelle, laurier, coriandre, menthe, gingembre, ail et ognions ) au mouton, du poulet Tandoori  (marinade de yoghourt et d’épices : curry, gingembre, cumin, piment de cayenne) et du Naan (pain Indien cuit dans le four Tandoor) au beurre. Je me suis régalée et tout ça pour la modique somme de 2,50€ !!! C’est scandaleux.
Etape suivante, la monté des quelques 400 marches du ‘Rock Fort’. Après tout ce qu’on venait de manger, un peu d’exercices ne pouvait pas nous faire de mal. Une fois arrivé au palier intermédiaire, nous avons repéré un singe et tenté de l’appâter avec quelques noix.
Le mammifère, plus malin que nous le pensions, se moqua de la main pleine de noix d’un de mes collègues et lui déroba carrément tout le sachet. Nous étions bouche bée ! La scène était vraiment hilarante. On essaya de récupérer le sac mais lorsque l’animal montra les crocs, notre envie de noix se dissipa. Une fois arrivé en haut de cet immense rocher qui surplombe la ville de Trichy, nous pûmes admirer le panorama. Le prêtre du temple de Ganesh nous invita à entrer pour nous bénir. Coïncidence, il connaissait la Belgique et sa réputation en bières et chocolats =) fière d’être Belge :p  
Sur le retour, nous avons eu la chance de déguster une bonne glace au chocolat et du jus de pastèque !!! C’est la pleine saison de la pastèque, donc impossible de passer à coté. On en vend à chaque coin de rue pour 0,15 cent pièce ! Faut dire qu’avec la chaleur ça tombe à pique. Rien de plus rafraichissant qu’une bonne pastèque bien sucrée…
Le soir même nous avions quartier libre au vu que Samy et Christy avaient quitté la maison pour quelques jours. Nous en profitâmes pour organiser une petite soirée entre étudiants, alcool compris pour une fois :p J’ai appris à jouer à la belote, mais on ne peut pas dire que je sois douée. Un peu de musique Indienne pour l’ambiance, et c’est parti ! Cette soirée nous a fait un grand bien à tous ! Enfin un peu de détente dans un pays où ce concept ne semble pas exister.
Plus qu’un mois et demi avant mon retour. Je peux vous dire que j’y aspire. Vous me manquez beaucoup ! Je ne regrette pas mon choix, mais il est dur pour moi de trouver ma place ici. Rien ne coule de source et la mentalité est souvent contradictoire. J’espère trouver la force de me donner à fond pendant ces dernières semaines. Hâte d’être à nouveau parmi vous.
Bisous !
 
 


Lien

Publié à 14:15, le 14/03/2012,
Mots clefs :

Ma semaine au Bangladesh

Cher lecteurs,
Tout juste rentrée de mon voyage au Bangladesh, je ne peux m’empêcher de vous en faire le récit au plus vite. J’ai décollé le 18 février de Chennai (Tamil nadu - Inde) pour arriver 24h plus tard à Dhaka (Bangladesh), à l’occasion d’une conférence sur la santé et la protection sociale en Asie. En faite je ne savais rien de ce qui m’attendais jusqu’au vendredi précèdent mon départ. C’est bien les Indiens ça ! Vous mettre au courant 2 jours avant le départ et finalement partir du principe que c’est assez pour préparer une présentation d’ici la conférence.
Malgré cela j’étais toute excitée de partir de ce cocon isolé dans lequel je demeurerais depuis déjà 4 mois. L’équipe d’AREDS m’a même offert un shale pour me remercier de les représenter pendant cette semaine au Bangladesh et pour me souhaiter bonne route. Je fus accompagnée de Gaurie et Senthil, deux collègues Indiens qui travaillent pour l’organisation. Le voyage fut long, mais culinairement intéressant ! C’était pour moi une nouvelle occasion de déguster pleins de bonnes choses, pas forcément nutritives mais quand même délicieuses…
On nous avait prévenus qu’il ferait plus frais à Dhaka qu’en Inde, donc j’avais anticipé avec un pull et un drap pour me tenir chaud. Sauf que je ne m’attendais pas à en avoir besoin uniquement dans l’aéroport tellement il faisait froid. Je ne sais pas d’où vient cette manie de mettre l’air conditionné alors qu’il ne fait pas chaud au point d’en avoir besoin. Du coup je gèle, alors que dehors il fait 30 degrés ! Je me suis fait plaisir dans le ‘duty free’ avec du bon chocolat aux noisettes… la gourmande qui est en moi se serait elle réveillée ? Dans l’avion nous avons même reçu un sandwich au thon et je vous garanti qu’après 4 mois de cuisine indienne, ce petit bout de pain vous parait exceptionnel.
Une fois arrivée à Dhaka, il fallut évidement que je galère avec mon visa ! Un groupe de coréens m’avais subtilement dépassé, avec comme résultat presque une heure d’attente avant de pouvoir sortir de l’aéroport. Nous avons traversé la ville en minibus, accompagnés de plusieurs Indiens appartenant à diverses ONG Indiennes. Je ne peux pas dire que je fus dépaysée. Le paysage Bengali est quasi identique à celui en Inde : l’odeur insupportable en ville, le trafic dense, les bâtiments délabrés, les déchets en abondance le long de la route. Par contre les rickshaw motorisés en Inde sont remplacés ici par des tricycles pousse-pousse, décorés à la façon kitch-asiatique. À mon grand étonnement, les vaches sont quasi absentes du décor Bengali. Cela aurait il un rapport avec le fait que 86% de population au Bangladesh est musulmane et non Hindou (comme c’est le cas en Inde)…
Dès notre arrivée nous avons été accueillis par Jef (représentant de l’ONG Belge WSM – World solidarity movement), et avons partagés un bon repas avec les partenaires de WSM venant de différents pays tel que le Bangladesh, L’Indonésie, le Népal, les Philippines et l’Inde. La conférence pris place dans les locaux de GK – Gonoshasthaya Kendra, ONG qui c’est donnée pour mission de rendre les services de santé accessible a tous (surtout aux plus démunis et aux pauvres) au Bangladesh. Tout a commencé avec la mise à disposition de services primaires (dispensaires de soins basics) et préventifs (camps médicaux, campagnes d’immunisation,…) dans les régions/villages les plus isolés, où l’accès aux soins était quasi inexistant. GK a évolué vers un système multisectoriel (actif dans plusieurs secteurs), partant du principe qu’améliorer l’accès aux soins ne suffit pas à améliorer la condition de vie des pauvres et des destitués (ex. veuves). De là est parti l’idée de créer différents programmes dans plusieurs secteurs tel que l’éducation (école primaire, université et formation de paramédicaux), formations vocationnelles (formations d’accoucheuses traditionnelles), nutrition (production de suppléments ultra protéinés à base de soja pour combattre la malnutrition chez l’enfant), services de microcrédits (femmes) et propre production pharmaceutique (diminuer le coup de médicaments et les rendre plus accessibles aux pauvres).
Comme vous pouvez le constater GK n’est pas une petite ONG, mais une grande organisation qui est active sur tout le Bangadesh depuis 40 ans déjà. Leur vision est semblable à celle d’AREDS (ONG où je fais mon stage), mais les résultats et leur manière d’approche est de loin comparable. Au Bangladesh plus de 80% des accouchements se font encore dans le foyer familial. Ce sont non les docteurs, mais les TBA – Traditional Birth Attendant (sage-femme traditionnelle) qui assistent aux accouchements. Celles-ci font partie des membres respectés de la communauté et disposent d’un savoir basé sur l’ancienne médecine indigène. C’est pour cette raison que GK fait travailler ces paramédicaux et médecins en collaboration avec ces sages-femmes traditionnelles. Elles reçoivent également des formations (5-7j par an) pour améliorer leurs connaissances et de ce fait réduire la mortalité maternelle et infantile. J’aurais bien aimé travailler dans ce contexte, au vu que les accouchements à domicile ne sont plus un phénomène courant dans notre société occidentale.
 J’ai directement repéré deux étudiants francophones dans le groupe et me suis dit que ce serait une bonne occasion de partager notre expérience en tant qu’expatriés. L’un des d’eux, Maxime (d’origine Belge – hé un compatriote !) est arrivé il y a 4 mois en tant que volontaire. Étant bachelier en science politique, il organise des séminaires dans le campus, écrit des rapports sur le fonctionnement de l’ONG, tient une banque de données sur celle-ci et participe à divers programmes au sein de GK (ex. Camps médicaux). L’autre étudiant, nommé Jérémy (d’origine Française – un voisin :p), est vennu au Bangladesh dans le cadre d’une évaluation de différents programmes GK avec le comité Français (support financier de GK). Ayant une formation de photographe, c’est lui qui prit les plus beaux clichés de cette semaine. À trois nous avons fait de cette semaine un moment de partage de nos plus belles et dures expériences en tant qu’expatriés.
Après cette longue introduction, je vais vous raconter les moments forts de cette semaine. Ma première journée fut marquée par le dernier jour de festivité des 40 ans d’anniversaires de GK. En effet nous étions arrivés au beau milieu de cet événement qui attira une foule monstre depuis 2 jours. La journée débuta avec un défilé (version militaire), des enfants appartenant à l’école primaire de GK. L’ex première ministre du Bangladesh arriva en grande pompe (accompagné d’une équipe de sécurité munis de mitraillettes) et déchaina la foule. Tout le monde voulait prendre l’icone en photo. Avec sa robe de mariée et son visage ultra blanc (naturel ou maquillage ?), on aurait dit la reine Elisabeth. Elle fait partie des célébrités les plus corrompues du pays mais les gens la vénèrent tel une déesse.
Une apparition fut organisée avec quelques discours barbants, de plus en Bengali donc on n’y comprenait rien. Une partie de la foule fut retenue à l’entrée du bâtiment, faute de place. Grâce à notre statut d’étranger nous avons pu nous glisser à l’intérieur, mais non sans conséquences. Serrés comme des sardines et poussés en avant par la foule, un type en a profité pour subtiliser le portefeuille de Maxime. Heureusement rien d’important ne s’y trouvait, sinon quelques Dhaka (monnaie Bengali). Pour ma part l’expérience fut un peu plus désagréable. Au moment où les portent de la salle furent finalement ouvertes au public, le mouvement de foule ne pu être contenu et tout le monde se rua à l’intérieur. Un homme en profita pour me tâter le sein ! Pas de chance pour lui, je n’étais pas de bonne humeur et lui ai distribué quelques claques bien méritées.
Les hommes au Bangladesh ne semblent pas être ‘tactiles’ qu’avec les femmes, si j’en crois l’expérience de mes deux amis étudiants. Se faire mettre la main aux fesses, caresser sur le visage, distribution de câlins intempestifs… font plutôt la règle que l’exception ici. Heureusement cela n’a aucune connotation amoureuse, mais bien celle d’une sincère amitié (enfin en principe). Dur dur quand même pour nous qui n’arrivons pas à s’identifier à se genre de pratiques culturelles.
J’ai encore une fois eu droit à des milliers de questions et du poser devant des centaines d’appareils photos ces derniers jours. Moi qui pensais y échapper, bein c’est raté encore une fois. C’est fous le nombre de gens qui vous prennent en photo sans même vous demander votre nom où carrément votre avis :p C’est une étape à passer, pour autant que vous ayez la patience de vous y soumettre. Pour ma part il y a toujours un moment où cela devient de trop et où je m’éclipse pour ne plus devoir subir cette attention excessive.
Le 21 février nous avons participé à la journée internationale de la langue maternelle (originaire du Bangladesh). Chaque année un immense rallye (marche) est organisé dans la Capitale (Dhaka) depuis 1952. Cette journée a une signification particulière pour les Bengali, qui se sont battus pour défendre leur langue et dont certains y ont perdu la vie. Pour la petite histoire : le gouvernement Pakistanais déclara en 1948 que l’Urdu serait la seule langue officielle autant pour l’ouest que l’est (cfr. Bangladesh) du Pakistan, alors que seulement 7% de la population parlait cette langue dans la région. La population de l’Est, ayant pour langue maternelle le Bengali, ne l’entendait pas ainsi et protesta contre cette mesure. Suite à un mouvement de grève auquel participèrent les étudiants de l’université de Dhaka, plusieurs d’entre eux furent tués par la police pakistanaise. Le ‘’monument des martyrs’’ a été érigé en commémoration de ceux qui ont donné leur vie pour la défense du Bengali le 21 février 1952.
 Pour assister à cet évènement, nous avons démarré à 5h du matin pour ne pas se retrouver dans les bouchons. Personne n’avait l’air très frais, mais le petit déjeuner distribué dans le bus nous a donné du courage pour participer à cette journée exceptionnelle. Une fois arrivé dans la capitale nous avons formé un groupe, avec en tête notre cher Jef muni du drapeau WSM. Pendant le rallye nous faisions connaissance avec ceux qui marchaient à nos cotés, prîmes des photos de la foule (et vis versa), séance de peinture sur le visage,… jusqu’à ce que plus un bruit sinon celui d’une horde d’animaux nous chargeant me parvient. J’ai tout juste eu le temps de tourner la tête pour me rendre compte d’où venait ce bruit inquiétant. Des milliers de personnes, faisant partie de la marche, nous fonçaient dessus pour je ne sais quelle raison… notre premier reflexe fut de courir pour se mettre à l’abri. Les banderoles se déchirèrent, les couronnes de fleurs volèrent en morceaux, les gens se mirent à crier, furent piétinés et la panique gagna les rues de Dhaka.
Je n’eus le temps de me rendre compte de ce qui se passait, que les deux étudiants m’emmenèrent sur le bas coté de la chaussée pour éviter de se faire piétiner par la foule. Nous fûmes emportés par le mouvement de panique et n’avions pas d’autre choix que de courir. Les gens ne savaient plus où aller et grimpèrent même les murs pour se mettre en sécurité. Nous nous sommes accrochés à un poteau pour ne plus se faire embarquer, et mettre fin à ce mouvement de panique générale. Est-ce qu’un type n’en profite pas à nouveau pour me ploter les seins ? Si si, je vous assure, même dans ce genre de situation ils arrivent encore à avoir des idées perverses ici ! Après quelques minutes les gens arrêtèrent de courir et l’on constata l’ampleur des dégâts. La plupart sous le choc, certains blessés et en larmes. Nous nous mîmes à la recherche de notre groupe, ce qui ne fut pas difficile grâce à notre drapeau WSM qu’un des membres avait défendu malgré ce qui venait de se passer.
Apparemment tout aurait commencé à cause d’une dispute entre le parti au pouvoir et celui de l’opposition qui marchaient en tête du cortège. Suite à une altercation, les gens se sont mit à courir à contresens de la procession. Plus de peur que de mal. Heureusement, personne ne fut blessé dans notre groupe. Considérant qu’il était imprudent de continuer la marche dans ces conditions, nous décidâmes de s’en tenir là et de rentrer à GK. Cette journée débuta par une marche pour la paix et s’acheva par une course pour la vie…
L’après-midi du même jour, nous avons visité un des dispensaires de GK dans un village retiré. Les conditions d’hygiène laissaient à désirer (poussière partout, matériel non-stérile, salle d’accouchement précaire) et les explications données par notre guide étaient limités sur le sujet. J’ai réussi à mettre ce dernier mal à l’aise avec mes questions sur la préférence pour certaines méthodes de contraceptions (préservatif vs. pilule). Oups, il ne devait pas être au courant qu’une sage-femme était dans le groupe. Malgré le fait qu’ils travaillent dans une ONG qui pourvoit des campagnes d’informations et de préventions, certains tabous (comme le sexe et le choix de contraception) ne s’emblent pas encore être rompus dans la société.
Petit délire avec les Philippins lors de la pause snack. Nous proposons un ‘puri’ (galette frit) à l’un d’entre eux, mais celui-ci avait mal interprété notre offre. En effet, ‘puri’ aux Philippines veux dire vagin. Je vous raconte pas le fous rire à table !
J’ai passé 3 journées de conférences intensives (9h-18h), avec comme thème la protection sociale en Asie. Chaque jour fut marqué de plusieurs débats et discussions entre partenaires venant de différentes ONG. Seule bémol, la plupart du temps il m’était impossible de comprendre ce qu’il se disait à cause du niveau médiocre en Anglais des participants. C’est tout juste s’ils se comprenaient entre eux :p Je plains quand même le pauvre Jef qui jouait le médiateur et du résumer chaque session. On voyait à sa tête qu’il y prenait plaisir. Au bout du compte la conférence portait plus sur ce que chaque ONG fait sur le terrain, au lieu de se concentrer sur leur rôle dans la protection sociale. Chaque organisation joue un rôle important dans cet aspect, mais ne se rend pas forcément compte à quel point. Ces trois jours les ont aidé à situer leur engagement dans la protection sociale pour mieux évaluer leur impact sur la société.
Le troisième jour nous avons eu droit à une ‘soirée de solidarité’, qui consistait en plusieurs danses et chants typiquement Bengali. Notre représentant Belge (Jef) nous à même chanté une petite ballade flamande pour l’occasion. Quel spectacle ! Les Bengali en ont eu pleins les yeux (ou devrais-je dire les oreilles…). Au final, tout le monde prit d’assaut le podium pour une danse endiablée venant droit du Bangladesh (photos censurées !). Ambiance de fou ce soir là!!!
Le dernier jour, notre cher coordinateur local nous avait laissé un petit communiqué nous faisant part des problèmes d’estomac survenant chez certains participants. Sur ce, Jef demanda à l’assemblée que ceux étant sujet aux problèmes lèvent la main… Et c’est le groupe dans sa totalité qui semble être touché. Je vous laisse imaginer la scène. Ils ont mobilisé 3 médecins et pas mal de médicaments pour traiter au plus vite le problème (avant que tout le monde ai la diarrhée dans l’avion).
Départ le samedi après avoir reçu ‘la Tasse’ des 40 ans de GK. On voit bien que nous sommes que des partenaires, les donateurs eux ont reçu toute la vaisselle (tasses, sous-tasses, assiettes,…) en cadeau. J’ai passé une semaine géniale ! Pas vraiment grâce au contenu de la conférence, mais plutôt grâce à l’échange intéressant entre pays et à mes deux compagnons étudiants (Maxime et Jérémy), sans qui cette semaine n’aurait pas été aussi mémorable.
Bisous!


Lien

Publié à 13:16, le 29/02/2012, Bangladesh
Mots clefs :

Merci !

Un petit message pour remercier ceux qui m'ont envoyer une petite carte ! ça me fais vraiment super plaisir =) Merci aussi à tous ceux qui suivent mon blog, écrivent des commentaires et me soutiennent dans ce que j'entreprends... Plus que 2 mois et demi... Hâte de tous vous revoir!!!

Gros bisous xxx



Lien

Publié à 18:54, le 14/02/2012,
Mots clefs :
Page précédente
Page 1 sur 4